Par Max Rijken, 1er prix ex-aequo du concours Shaping The Office dans la catégorie Design.

Tu es assis derrière ton bureau à regarder l’écran de ton ordinateur, en face de toi un collègue parle bruyamment au téléphone avec un client. Près de toi, d’autres collègues s’affairent à trouver un endroit où travailler aujourd’hui. Se concentrer demande beaucoup d’efforts. Cela ressemble à du vécu ? « La nouvelle façon de travailler », notamment dans les bureaux en open space et flex’office, demande un certain nombre de solutions qui nous ramènent au stade un, à savoir augmenter la cohésion des groupes de collaborateurs, encourager la créativité et la productivité, et tout cela en faisant des économies de place.

À mon sens, un certain nombre d’éléments apparaissent ici comme centraux : un usage fonctionnel et réfléchi des espaces, la création d’un environnement de travail plus paisible via une réflexion sérieuse sur l’acoustique et les champs de vision, et enfin l’encouragement au partage des connaissances et à la liberté créatrice. Mon nom est Max Rijken, et j’étudierai l’année prochaine à l’Université Technique de Delft, à la faculté de design industriel. Mon master en « Design for Interaction » se poursuit et aborde le changement qui a lieu dans le design industriel ; dans le processus de conception, il est de plus en plus important de mieux comprendre l’utilisateur, et surtout de comprendre comment fonctionne l’interaction entre produit, service et utilisateur. Il y a quelques temps, j’ai entrepris une enquête qualitative dans les bureaux à espaces ouverts de trois grandes entreprises de secteurs différents, et j’y ai trouvé quelques faiblesses, mais aussi quelques avantages. Les points de vue exprimés viennent des travailleurs eux-mêmes et m’ont aidé lors de la conception de mon exposé pour Bruynzeel Storage Systems. Pour exprimer ma vision de l’aménagement d’un bureau moderne, la meilleure analogie que je puisse présenter est celle d’une assiette appétissante dont les ingrédients sont disposés avec précision. Tout comme un plat, un bureau a des ingrédients basiques : bureaux, chaises et ordinateurs. C’est le rôle du concepteur de veiller à ce que les ingrédients de base, l’assaisonnement et l’interaction de ces deux éléments plaisent au travailleur.

“Un bureau moderne peut se comparer à un bon petit plat dans lequel chaque ingrédient compte.”

Par ingrédients, j’entends les éléments qui jouent le rôle principal dans un bureau, et qui rendent l’entreprise unique. Par exemple, une entreprise qui travaille avec de nombreux documents physiques va pouvoir choisir comme ingrédient un élément original de rangement, tandis qu’un bureau de création pourrait opter pour un espace décontracté où les travailleurs pourraient partager leurs réflexions sous forme de brainstorming tout à loisir. C’est le rôle du chef, du designer, de veiller à ce que ces différents ingrédients forment une composition harmonieuse et ne jurent pas les uns avec les autres. Le studio de design KNOL d’Eindhoven a réalisé en 2014 une expérience sociale visant à déterminer dans quel environnement les gens pouvaient travailler le plus longtemps de manière productive. Ils ont réalisé leur étude avec le projet Out of Office. Ils ont commencé leurs tests avec un espace de travail informel et très dégagé, et l’ont transformé progressivement, durant quatre semaines, en un bureau à espaces ouverts d’aspect gris. Ils ont observé comment les gens y réagissaient. La conclusion fut que les gens se sentaient assez mal à l’aise dans un espace dégagé, et qu’ils travaillaient de manière plus productive dans un espace plus strictement agencé.

Mais c’est quelque part entre ces deux extrêmes que se trouvait le point optimal où le travailleur se sentait le mieux. Concernant les armoires de rangement, quand vous observez une armoire de rangement d’un point de vue autant pratique qu’abstrait, elle offre beaucoup de perspectives. Un endroit de rangement pour des documents physiques est un endroit où d’importantes informations sont rassemblées et où on peut retrouver les jalons d’une société, les travailleurs s’y rendent pour y trouver des informations en vue de forger de nouvelles idées et de futurs succès. La combinaison de cette idée neuve en matière de systèmes de rangement, de ma vision et des opinions exprimées dans mon enquête a mené à ma création, le WorkScape. La combinaison des systèmes de rangement et de la liberté pour le travailleur de travailler comme il le souhaite peuvent nous mener à un endroit spécifique du bureau où le système de rangement occupe une place centrale où les gens recueillent des informations, et où l’élaboration de nouvelles idées alimente la sensation de liberté. La tendance actuelle de numériser tous les documents n’a ici aucune influence. À mon avis, le besoin de rangement physique, de lieux de rencontre et d’espaces de réunion demeurera toujours.

L’aménagement d’un bureau contemporain doit trouver son équilibre entre les ingrédients de base, la structure dont les travailleurs ont besoin, et l’assaisonnement. En regardant la composition de ces éléments les uns par rapport aux autres, divers pièges fréquents dans un bureau à espaces ouverts peuvent être évités. Indiquez clairement où se trouve la limite entre les différents domaines, ceux où la productivité a la priorité et ceux où la créativité est encouragée et où les espaces de détente sont proposés. On crée ainsi un environnement de travail fonctionnel et paisible tandis qu’on offre aussi des espaces de partage de connaissances et de liberté créatrice. En rassemblant diverses fonctions, le nombre de mètres carrés nécessaires peut être réduit, et le nombre de bureaux inoccupés sera lui aussi réduit. N’hésitez pas à réagir à mon premier article, les ajouts de commentaires sont toujours les bienvenus ! Vous pouvez trouver de plus amples informations à propos du WorkScape sur le site web de Bruynzeel Storage Systems.

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